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Artisanat - L'Artisanat FemininFemme Tunisienne - L'artisanat féminin a été longtemps une activité essentiellement domestique, répondant aux besoins strictement familiaux. L'éducation des fillettes qui ne fréquentaient pas l'école était entièrement prise en charge par la famille qui leur apprenait, non pas à lire et à écrire, mais à tisser, à broder, à façonner l'argile et à composer leurs bijoux. On préparait la jeune fille à devenir une maîtresse de maison accomplie, capable d'habiller et de nourrir sa famille, d'organiser et d'entretenir sa demeure. Les objets artisanaux réalisés notamment par les femmes "impriment à chacun le détail qui le rend différent et le signe qui le charge du message culturel permettant son identification. Si les œuvres d'art tendent vers l'universalité, les objets d'art traditionnel, au contraire, témoignent de l'originalité d'une culture dont ils sont l'expression matérielle".
Au Nord-Ouest, notamment dans la ville du Kef, les couvertures sont décorées de bandes ou de rayures et c'est en fonction du nombre des pièces tissées par la jeune fille ou par sa mère que l'on appréciait la valeur du trousseau de la mariée. Au Sahel et vers le Sud de la Tunisie, c'est le décor géométrique des couvertures qui priment. Il s'agit de véritables tableaux de peintures où s'interfèrent avec une harmonie gracieuse losanges, triangles, croix, étoiles, etc. Elles tissaient aussi leurs vêtements de laine avec autant de soin que les couvertures familiales. Elles ornent magnifiquement leur costume drapé. Nous citons, à titre d'exemple, les houli portés par les femmes de Médenine - Tataouine, ornés sur le pourtour d'une bande à motifs tissés. Elles confectionnaient également aussi les voiles de tête, les fameux bakhnoug et taajira rouges ou noirs, portant un décor blanc d'une grande finesse, et aux appelés mochtiya.
Le secteur du tapis constitue un autre volet très important du tissage féminin. Autrefois, le tissage des tapis à points noués était la spécialité des Kairouanaises. Dans le reste du pays les femmes n'utilisaient que la laine pour tisser les tapis. Il s'agissait d'une production artisanale variée et très originale, tels que les ferrachiya de Gafsa, les ksya et wezra d'El Jem et de Jébéniana, les klim d'Oudref et de Kairouan, etc. Depuis l'indépendance, et grâce à l'Office National de l'Artisanat, aussi bien dans les demeures que dans les ateliers, les femmes tissent presque toutes les tapis à points noués en laine locale, importée ou en soie. Ce qui n'empêche pas heureusement, d'ailleurs, la production artisanale typique de chaque région de la Tunisie de se maintenir et de faire l'admiration d'une clientèle au goût raffiné.
"La broderie d'argent - paillettes, cannetille, lame dorée est de loin la plus répandue... pour l'ornementation des vêtements de mariage et de cérémonies. Les mariées tunisiennes, parées du costume traditionnel, font penser à des divinités antiques par la richesse de leurs parure où l'éclat des broderies rivalise avec le scintillement des bijoux". Si les citadines brodent essentiellement des motifs floraux et géométriques, les villageoises utilisent un répertoire iconographique très varié, où se combinent les symboles apotropaïques, tels que la main et le poisson à des scènes de mariage ou de la vie quotidienne à des images d'animaux et divers autres motifs.
"Ne recherchons pas la femme, elle est partout présente à travers les âges, de l'Antiquité, sinon de la préhistoire, jusqu'à nos jours grâce à la présence d'un témoignage indestructible : la céramique. C'est de la céramique modelée qu'il s'agit dans les diverses études ethnographiques ; la tradition vécue jusqu'à aujourd'hui dans les campagnes, mais également dans certaines petites villes ou villages, démontre qu'il s'agit bien d'un produit féminin, né des mouvements de mains expertes sans recours à un quelconque moyen technique. Les gestes transmis de mère en fille, de génération en génération, ont préservé un savoir-faire désormais millénaire, enrichissant la patrimoine culturel". La femme collecte l'argile, prépare la pâte avant de se mettre à façonner divers objets utilitaires pour l'usage quotidien (jarres à huile, à grains, braseros, assiettes, jattes, bols, etc.) outre la micro- céramique déposée dans les lieux de culte notamment les zaouias et mzaras.
Le répertoire des formes compte aussi depuis l'antiquité des reproductions très originales de pièces tournées au tour. Les pièces modelées à la main sont par la suite séchées au soleil puis cuites à l'air libre. Enfin, la femme se penche sur le décor dont le répertoire très riche présente des particularités régionales, telle que par exemple la production du village de Sejnane ou de Moknine. Ainsi, la maîtresse de maison prépare elle-même les ustensiles nécessaires au stockage des denrées dans la pièce à provisions "La beit el mouna" outre la céramique nécessaire à la vie quotidienne. De nos jours, la céramique modelée tend à devenir une activité artisanale dont la production est réservée au décor. La pièce à provisions La femme est le pilier de la famille : elle procrée, elle nourrit, elle protège en prévoyant. La beit el mouna (La pièce à provisions) est la projection concrète, dans l'espace domestique, de ce rôle fondamental. La femme cultive la terre, transforme les produits de la récolte, constitue les réserves alimentaires nécessaires à la famille durant un an. Sa vie s'organise au rythme des saisons. En hiver, elle acquiert l'huile dont elle remplit les jarres à large panse et prépare le stock d'olives salées qui accompagnent tous les repas. Au printemps, la nature renaît, la mère s'occupe alors de la laine nécessaire aux vêtements et aux couvertures, et prépare le beurre salé, autrefois, aliment de base. L'été apporte les graines que la meule réduit en farine et les mains en couscous. L'automne, fruits et légumes viennent en abondance, et la femme travaille sans relâche : piments, tomates, fèves, lentilles, pois chiches, figues, raisins, etc., tout se conserve. Les jarres, bocaux et gargoulettes qui garnissent « l'antre » de la maison, se remplissent de toutes les richesses que la nature produit. Et le cycle recommence. Date de création : 27/10/2009 : 01h15
Dernière modification : 31/07/2012 : 11h19
Catégorie : Artisanat
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